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Age tendre et tête de bois - partie 3

AurelienP - 19/07/2008 à 21:35

Suite de l'analyse de âge tendre et tête de bois, d'Anne-Marie Sohn.

La jeunesse est aussi l'époque où débute le cursus amoureux, qui est aussi un signe d'appartenance au groupe jeune.
Il devient un rituel banal chez les jeunes, jeux de séduction sans engagement qui cesse vers 18 ans pour « passer aux choses sérieuses ». L'exemple le plus souvent donné est celui de fonder un foyer. Le flirt est distraction sans engagement de durée, ni de fidélité, cela dure le temps d'une fête, d'un été. Il permet de s'amuser, de discuter et surtout de se créer une image face aux autres dans le groupe. Cela peut passer par la vantardise, par la rivalité pour être « le charmeur aux nombreux flirts ». Des moqueries sont prononcées contre ceux qui n'ont jamais embrassés ou jamais flirtés. La gêne entraînée chez ces personnes dites pusillanimes, trop sérieuses ou sottes est important. Ces jeunes perçoivent cette cause de moquerie comme un « retard »; ce qui les rend mal à l'aise se sentant handicapés. On peut voir encore ici l'opposition entre le souhait d'être différent des autres et celui de faire comme les autres, phénomène illustré par l'envie de flirt.
En parrallèle de la relation instable qu'est bien souvent un flirt, il faut, en tant que jeune, aimer et être aimé, sans cela, la vie ne vaut pas la peine. Les jeunes recherchent le prince ou la princesse charmante, hors de la raison, il faut aimer et rêver. De même, il faut se donner corps et âme dans la relation et s'offrir à l'autre. A travers ces mots, on observe la libéralisation sexuelle qui s'accroît dans les années soixante, bien que ce ne soit pas une nouveauté. La nouveauté est le fait d'en parler sans complexe, que ce soit à la radio, en groupe... La majorité de la population trouve cela normal pour les jeunes garçons mais dangereux (faisant rapport au potentiel risque de grossesse) et répréhensible pour les jeunes filles. La morale et la question du péché, du « pas bien » est très présente malgré le peu de sentiments religieux évoqués directement. C'est pour cela que l'acte de rester vierge jusqu'à son mariage est « beau », mais pas nécessaire. Si l'amour sous-entend le fait de se donner à l'autre, cela englobe maintenant le don charnel de soi. On ne stigmatise plus les filles qui ne sont plus vierges et celles-ci peuvent espérer un mariage, arrêter une relation sans se faire attaquer par tous. D'ailleurs, si on assiste au début de l'amour libre à des attaques contre le mariage, cela reste une institution et la maternité hors mariage reste exceptionnelle.
L'ignorance de l'acte sexuel dévalorise et paralyse tout comme celle du premier flirt. C'est donc pour cela que l'acte ou rite trouble et gêne ceux qui se sont ou se sentent hors du cercle d'affranchis. Les peurs sont multiples: peur de ne pas bien faire, peur de dégoûter, peur de se voir railler par les autres ou par celui qui est aimé. L'image renvoyée est encore importante: il faut paraître et correspondre à ce qu'il faut être.

La suite dans la partie 4 !

Tags : livres
Catégories : livres

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