CIRSE
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Délire nocturne

CIRSE - 25/08/2007 à 02:23

......L'instinct surpasse la raison . Bénie soit la férocité. Le cloporte hideux et le scolopendre huilé cheminaient de concert sur la fertilité des espaces vierge de l'empreinte meurtrière des pieds cirés . La prestance noble du cobra royal s'est retranchée aux derniers contreforts des jungles naturelles. Beau cobra inviolé, mes genoux fléchissent sous le magnétisme de tes pupilles couleur de ru . Tes ondoiements péristaltiques me font haïr ces grossiers piquets : mes jambes !
Etres de mon monde, toi, la mygale repoussante; toi, puma hautain ; toi aussi tigre austère et cruel à la fois , et toi cigüe -fragile nymphe- je rejoindrai vos cohortes vengeresses . Nous commencerons par délivrer les étoiles du ciel emprisonnées il y a des lustres sous le commandement d'un enchanteur du Pré-Temps , ère qui vit l'anéantissement de vos éclaireurs rebelles si puissants et engloutis par l'attraction de leur propre force titanesque ! Entrons au sein des repaires de l'humanité assoupie puis nous ressurgirons , lavés de sa cendre épaisse !..
O Araignée savante, tu m'a promis sous la feuillée que cette nuit viendrait . Tu me l'a promis souviens-toi !!
Vipère lubrique, connais tu donc si bien l'homme au point de l'assaillir aveuglément ; ton venin pressant éructe le sien propre. Donc tu le soulages ? Et l'ingrat ne s'en rend même pas compte ! Tu sais qu'il ne t'épargnera pas s'il t'aperçoit , alors tu frappes. Mais lequel des deux est en état de légitime défense à votre avis ?
Parle sincèrement lecteur . Je crois bien que je te pardonnerai si ton jugement désentravé de préjugés s'annonce juste......... En considération lecteur, de l'estime que tu me portes je te permet de me questionner avec une attention soutenue sans pour cela m'éprouver, mais à la stricte condition que tu le fasses aux heures des repas dans le rayon "littérature intellectuelle" sis au centre de l'intérieur tropical du prestigieux Bazar de l'Hôtel de Ville !

J'ai repris la plume délaissée; l'ennui morbide me ronge . Alors, au hasard d'errances diurnes, mes voûtes plantaires conduisent une ombre falote par-dessus de vieux parapets . Une vieille femme engoncée dans un vison splendide passe derrière moi en sifflotant. A sa trace, un gigolo affamé qui boîte stupidement . Le moineau se fait rare et ne chante plus sous la futaie urbaine , une denrée périssable que l'on vend en cage plastique - Je suis prêt à me donner corps et âme à celui ou celle qui me fera découvrir un semblant de pureté serti dans la vase de ce globe bleuté mais livide !

Tags : maldoror
Catégories : méandres

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