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Genshiken analyse du phénomène otaku. 2

CLECUvMO - 18/12/2008 à 18:45

II/ L'otaku positif.

 

Les otaku sont principalement des consommateurs, comme Sasahara et Madaradame, mais certains d'entre eux sont capables de produire des biens culturels. C'est le cas de Tanaka, Ohno et Oguie, via le plasmo (maquettisme de figurine) cosplay et le doujinshi.


Il est amusant de constater que dans Genshiken, ce sont les femmes qui sont associées le plus souvent à la (re-)production. Cela vise sûrement à traduire la rareté de cette catégorie d'otaku car les otakus féminins sont plus rares que leurs homologues masculins. (mais j'avoue manqué de données à ce propos-là)

Oguie veut dessiner des mangas mais hésite encore à se lancer pleinement dans l'aventure du doujinshi qui lui apporteront une première reconnaissance (aussi bien pour elle que vis-à-vis du public). Parallèlement, son pendant masculin, Kugayama, passe son temps à dessiner ses héroïnes préférées dans des poses compromettantes, dans son esprit mais ses rêves lui sont inaccessibles.


Dans le monde du manga et de l'animation, le doujinshi peut représenter une moyen de reconnaissance pour toutes les petites plumes du japon, en marge du cursus "normal" d'études en art graphique, plus ou moins reconnus selon les établissements. Les otakus sont sans doute les premiers prévenus de l'enfer des "japanimateurs" de leurs séries préférés : rythme de production soutenu, début de carrière à l'échelon de "nègre" graphique, opportunités plutôt rares...On peut ainsi comprendre sans mal l'attitude défaitiste de Kugayama, dont le caractère pataud, à l'image de sa corpulence, ne lui permet pas vraiment de compétiter contre, par exemple, la petite Oguie à la détermination d'acier.


Devenir japanimateur (pardon pour ce nouveaux mot mais cette bête là est vraiment d'un autre calibre que nos dessinateurs de BD occidental) peut permettre à un otaku de trouver la reconnaissance de la société. Leurs passions pour leur sujet ne peut être qu'un atout même si leur réussite dépendra également de leur talent, caractère, chance.

 

 

[spoiler]Ohno fait du cosplay, naturellement elle partarge sa passion à Kusakabe, à Oguie et à ses amis d'Amériques, mais jamais lui vient à l'idée que les hommes également pourrait se déguiser avec elle et former un véritable tableau vivant de leur série préférée. Pourquoi ?

La "cosplayeuse" focalise en elle l'attention des otakus. En cela, et c'est un des personnages de Genshiken qui l'affirme, elle est une égérie de la société otaku et elle n'a pas d'autres fonctions que d'être "mignonne", "kawai"

La passion de Ohno ne peut pas concrétiser dans la société extérieure comme celle de Ogiue, car dès que la "cosplayeuse" enlève son costume, elle redevient un otaku quelconque. La société nippone possède déjà ses propres égéries qui n'ont pas besoin de costume :il y a les "idols" en généra, et même dans la société des otakus, il y a les seiyu (doubleur/euse) qui sont presque vénérés pour leur prestation.

 

Etrangement, on ne voit à aucun moment Tanaka exposer ses fameux plasmo à l'ensemble de la communauté ; l'animé aborde très peu le sujet. Est-ce parce qu'il s'agit d'une personnage secondaires qui a en plus le malheure d'être masculin, ou s'agit-il au Japon d'une catégorie d'otaku encore plus minoritaire que les mangaka et les cosplayeur ? Pourtant, le maquettisme existe bel et bien en occident. Sans parler des maquettes courantes d'avions, de bâteau ou d'autres choses, les franchises "Warhammer" et leurs figurines guérrières sont souvent l'objet d'expositions dans les conventions du genre.

Enfin, il y a les irrécupérables, ou presque, ceux qui sont tout au fond de trou et qui se contente d'acheter les doujinshi de Oguie ou de prendre en photo les costumes d'Ohno : les "otakus" normaux comme Sasahara et les "hardcoreOtaku" comme Madaradame.

 

Il existe donc des marginalités dans la marge même des Otakus et cela induit uen notion d'affinité entre les otakus mais également, une affinité particulière avec la société extérieure. Le mangaka est celui dont la passion peut produire la substance même qui nourrit la Japanimation, le fer de lance de la culture nippon. S'il se réalise, la société nippone ne peut que lui "pardonner" d'avoir été un otaku. Mais pour tous les autres, il n'existent plus qu'une voie...

 

à suivre.

 

 

 

Tags : anime
Catégories : analyse Genshiken

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