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L'autre jour, à Nancy, on pouvait assister à une pièce de théâtre intitulée Un petit chaperon rouge. Evidemment, la salle Poirel était pleine à craquer de gamins qui braillaient à qui mieux mieux (accompagnés par leurs parents, évidemment). (Ca change du public habituel des concerts de la salle Poirel, composé majoritairement de vieilles mamies qui semblent s'être abonnées uniquement pour avoir le plaisir de sortir leur tenue de soirée qui sent la naphtaline et de tailler la bavette avec leur voisine de fauteuil qui elle a choisi de s'asperger d'un flacon entier d'eau de Cologne, j'exagère à peine.) Donc. C'était rempli de gamins, d'odeurs de gamins (bonbons à la fraise, etc.), de rires de gamins et de cris de gamins. Jusqu'à ce que la lumière s'éteigne. Et que les cris du loup retentissent. Et là je peux vous dire que ça rigolait plus du tout. Le début était tout simplement terrifiant. La tête de l'acteur qui surgit du noir dans un rond de lumière, ses mimiques féroces, et puis le son, très fort, qui sortait des enceintes (enfin ça c'est peut-être juste moi, il paraît que c'était pas si fort que ça, en fait...) Et puis, il faut bien l'avouer, on ne s'attendait pas du tout à ça.
Et puis d'un coup, le loup disparaît à nouveau dans le noir. A l'autre bout de la scène, c'est le petit chaperon rouge qui apparaît, chantonnant un petit air sans paroles ("Belle qui tiens ma vie", c'était, un air super connu qui doit dater à la louche de la fin du Moyen Age - fin de la parenthèse) et découvrant sa petite cape rouge dans un paquet cadeau. Voilà. On a fait le tour des personnages. Mère-grand sera représentée par un mannequin dans un fauteuil, et puis voilà. Tout se déroule dans le dépouillement le plus total : deux acteurs, pratiquement pas de décor. De toute façon, la scène est presque toujours éclairée uniquement par deux ronds de lumière, un pour chaque personnage. Qui se retrouvent parfois dans un rond un peu plus grand. Pratiquement pas de mots, non plus. Tout passe par les gestes, les mimiques, les rires et... les hurlements. Il ne faudrait pas croire qu'il s'agit d'une version édulcorée du conte. Non non, tout se passe comme ça doit se passer. La grand-mère se fait manger, et le petit chaperon rouge aussi. Sauf que la mort du chaperon rouge est suivie d'un drôle d'épilogue où le chaperon rouge et le loup dansent un tango. J'y reviendrai.
En fait ce qui m'a vraiment fait aimer cette pièce, c'est tout l'aspect esthétique. Les jeux de lumière, le rouge omniprésent, la musique (pas de dialogues, mais pas de silence non plus). Un ruban rouge ondulait de temps à autre à l'arrière de la scène (comme le bonhomme qui l'agitait était habillé en noir et que c'était très peu éclairé, on avait l'impression que le ruban flottait tout seul en l'air
) et puis il y avait tout un jeu avec un drap rouge aussi. Un beau rouge bien agressif comme j'aime ^^ Et puis il y avait d'autres belles trouvailles visuelles, mais le problème c'est que c'est pas du tout marrant à décrire avec des mots, alors tant pis, vous n'en saurez pas plus.
Alors pourquoi ai-je trouvé que ce n'était pas accessible à des enfants ? Parce que c'était quand même relativement violent, et pas forcément évident à suivre. Pas vraiment physiquement violent, mais psychologiquement, je dirais. Parce que la madame qui jouait le petit chaperon rouge effrayé, elle faisait pas les choses à moitié. Par moments, la moitié des gamins avait l'air terrifiée, l'autre moitié riait bruyamment (ce qui, selon les études sociologiques très poussées de ma très chère mère, revient à peu près au même, un enfant cherchant à combattre sa peur par le rire (je vous laisse le soin de confirmer ou d'infirmer)). Et aussi parce qu'on voit vraiment le petit chaperon rouge se faire dévorer sur scène, si si ! Heureusement il y avait d'autre passages où la tension était moins palpable, et qui faisaient un peu sourire. Mais dans l'ensemble j'ai trouvé l'atmosphère relativement glauque et inquiétante.
Et puis ne parlons pas des différents niveaux de lecture, qui existent sûrement, mais que j'ai eu du mal à capter. A part la relation ambiguë entre le loup et le chaperon rouge, le mélange d'attirance et de répulsion, euh, là, je sèche. Le tango final m'a laissée un peu perplexe aussi. Il faut dire que je n'y ai pas réfléchi 107 ans non plus.
Enfin voilà, c'était quand même un très beau spectacle, j'ai beaucoup aimé, mais pas tout capté. Et je me demande sincèrement ce que les enfants en auront retenu. D'un autre côté, il semblerait qu'on adore les contes cruels, quand on est enfant. Moi en tout cas j'adorais ça.
Je vais voir ce que je vais pouvoir tirer des photos que j'ai prises à la sauvette. (Un APN avec un grand écran ultra lumineux, c'est bien, mais dans le noir d'une salle de spectacle, on a déjà vu plus discret
)
Ah oui, j'oubliais. A titre d'information, ce spectacle a obtenu le Molière 2006 du meilleur spectacle jeune public. Voilà voilà...
(Oh nooooooon j'ai encore écrit un truc super long sans faire exprès
)
Par moments, la moitié des gamins avait l'air terrifiée, l'autre moitié riait bruyamment (ce qui, selon les études sociologiques très poussées de ma très chère mère, revient à peu près au même, un enfant cherchant à combattre sa peur par le rire (je vous laisse le soin de confirmer ou d'infirmer))
Juste pour revenir là-dessus; j'infirme ! Et ça ne doit pas seulement s'arrêter à l'enfance, ce phénomène, parce que le rire est très protecteur et permet surtout de s'écarter un peu d'une situation dérangeante en la prenant à un autre degré. C'est mon cas et j'avoue que c'est bien utile mais aussi désagréable quand une grande majorité de personnes dans une salle de cinéma (par exemple) est terrifiée et qu'on est en complet décalage avec ce qui se passe... Ca fait un peu passer pour quelqu'un sans émotions 
Sinon, j'ai bien aimé ton résumé de cette pièce
Et puis je pense que c'est nécessaire de se poser toujours des questions après un spectacle, ça garde une partie de mystère, moi j'adore me poser plein de questions et pouvoir interpréter à ma façon 
... Donc si j'ai bien compris, tu confirmes, c'est ça ? ^^
Oups, le méchant labsus...On peut même pas éditer ! Bref oui je confirme, excuse-moi ^^
Bas de broplème ^^