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Quelque part, dans le système Auvergne.
Orienti regardait l'espace de son bureau et vit la frégate s'arrimer à
la station. Enfin il avait sa revanche, depuis le temps qu'il attendait
ça. Ses hommes avaient réussi à la capturer lors d'un transfert à bord
d'une navette. L'information lui avait coûté cher mais elle en valait
la peine, et il savait comment il allait rentabiliser son
investissement. Il jubilait, songeant à son succès, non seulement il
allait se venger du conseiller, mais en plus, il allait se faire de
l'argent.
Il sorti de son bureau, et se dirigea vers l'aire d'atterrissage.
Il la vit descendre, la douce Eliora, si jolie, le joyau de son père,
son bien le plus précieux ! Elle serait du plus bel effet dans son
harem, une fois droguée et privée de volonté, elle serait à ses ordres.
La jeune fille reconnu son ravisseur :
"Orienti, j'aurais du vous douter que..."
Une gifle violente du parrain la fit taire.
"Suffit gamine. Ici, c'est moi qui donne les ordres, ici, c'est ma loi."
Elle ne versa pas une larme, le regardant avec colère. Il reprit :
"J'en ai dompté des plus sauvages que toi. Lorsque mes hommes en auront
fini avec toi, tu seras encore plus docile qu'un droïd. Allez, emmenez
là, allez la préparer".
Quelque part dans l'espace, un drône de surveillance observait la
scène. Il avait suivi le signal de la puce implantée sous la peau de la
jeune fille, précaution dont seul son père avait connaissance. Quelques
instants plus tard, il avait disparu.
une heure plus tard, toujours dans le même secteur
Les quatres frégates volaient en formation serrée, les pilotes
utilisaient leurs radio courte distance pour discuter de leurs exploits
de la nuit passée avec leur conquête du moment. Les vaisseaux
tournèrent autour du troisième point de navigation pour se diriger vers
le quatrième. Ils étaient affectée à la patrouille éloignée, rien de
passionnant, juste vérifier les ID des pilotes qui s'approchaient et si
besoin les abattre.
" - Alors les gars, d'après vous, qui aura le droit de toucher la
poupée une fois que le boss aura fini avec ? on prends les paris...
- Tu parles, il va la mettre à disposition de ses riches clients. Vu le
prix qu'elle a du lui coûter... Et puis bon... tien ?? Qu'est ce que...
"
Quelque chose venait de frôler son vaisseau, c'était passé très près... Le deuxième coup frappa de plein fouet son bouclier...
"Qu'est ce que ?? Alerte, on nous attaque... Contact Dradis !!"
Son radar localisa la cible a plus de cinquante kilomètre: un croiseur de classe "Thorax". Le chef de patrouille appela sa base.
"- Merde, on a un croiseur hostile, type thorax, pas d'id de concord, pas d'info pour le moment, on engage
- Bien complit Leader Or. Besoin de renfort ?
- Volontiers, nous ne sommes que quatre, ça devrait aller, mais on ne sait jamais."
Les frégates virèrent de bord, post combustion engagée. Le thorax
ne bougeait pas, ne tirait plus. Freddy, le leader, n'aimait pas ça :
"A quoi tu joues coco ?". Un voyant rouge dans son cockpit lui
signalait qu'il était verrouillé.
"- Target à 40 km, on se rapprochement rapidement, nous serons bientôt à portée de tir
- Bien compris Leader or. Une escouate de mercenaire va vous rejoindre.
- Roger. Oh ! Qu'est ce que... ??"
Sur la caméra de ciblage, il vit la une soute s'ouvrir sous le thorax :
celle des drones... "Merde, ça pue ça"... Il vit des reflets
métalliques dans l'espace et son dradis afficha de nouvelles cibles...
"- Condor, ici leader or, le thorax a lâché, trois, non quatre, non cinq drones ! Des Hammerhead !"
Cinq drones, ça allait sérieusement se corser. Les renforts devraient faire vite.
Quelques dizaines de seconde plus tard, les drones étaient sur eux,
engageant le "numéro 3" de la formation. Et les canons du Thorax se
mirent à cibler le numéro 2. En moins d'une minute, la patrouille fut
décimée. Docilement, les drones retournèrent dans leur soute et le
croiseur s'avança pour fouiller les décombres.
Une vingtaine de chasseurs mercenaires sortirent du warp. Dans la
pénombre, le pilote du thorax leva un sourcil, amusé. "Ahh, un peu de
sport! Venez, plus on est de fou, plus on rit."
Les frégates se mirent en formation d'attaque, et lancèrent leurs
missiles en salve, frappant de plein fouet le bouclier du croiseur. Le
chef d'escadrille sourit voyant que le bouclier avait baissé de moitié,
il allait apprendre à se mêler des affaires de son employeur, de
l'argent facile.
Les drones refirent leur apparition. "Ne vous en occupez pas,
concentrez vous sur le Thorax, une fois mort, les drones seront
inactifs!". Nouvelle salve de missile, le bouclier céda. "Courage les
gars, ça va aller vite".
Une lueur dorée entoura le thorax. Richter fronça les sourcils,
qu'est ce que c'était que ça ? Un premier mécenaire explosa, sous les
tirs conjugués du Thorax et des drones. Ils engageaint d'abord ses
meilleurs vaisseaux. La troisième salve de missile ne fit presque pas
de dégat... Richter comprit alors : "Merde, il utilise un hardener. Il
faut passer à portée canon !". Lorsqu'ils arrivèrent à une vingtaine de
kilomètre de leur cible, trois autres frégate étaient manquantes, et
surtout deux autres canons du thorax se mirent à faire feu.
"Allez, on intensifie le feu, il a perdu un bon quart de son
armure". Comme pour lui répondre, une lueur verte entoura le Thorax, et
quelques secondes, l'armure de celui ci se mit à se régénérer. Richter
haussa à son tour un sourcil : "Là, on est dans la merde". Un message
dans son comlink lui rendit espoir : "je viens vous aidez en personne".
Le croiseur de son patron venait d'entrer dans la zone de combat.
Le thorax changea de stratégie, il arrosa de ses canons de 250 mm
le croiseur ennemi, pendant que ses drones s'occupaient de finir les
frégates. Curieusement, il laissa le chef d'escadrille s'approcher à
moins de dix kilomètres. Richter comprit pourquoi quelques instants
plus tard. Un faisceau rouge-orangé entoura son vaisseau, absorbant son
énergie et la transférant au croiseur.
Une fois les autres frégates détruites, les drones s'attaquèrent avec
une précision mortelle au vaisseau d'Orienti. Leur danse s'acheva
lorsqu'il explosa en une immense boule de feu. Quelques instants plus
tard, Richter flottait à son tour dans l'espace, le corps criblé
d'éclats de sa frégate. Le Thorax rappela ses drones et reprit
tranquillement sa route.
A bord de la station d'Orienti
Eliora avait entendu l'alarme sonner, elle sursauta lorsque la
porte de sa cellule s'ouvrit. Un jeune homme, un Gallente entra, il
tenait une petite console à la main, il scruta la jeune fille, sa
console comme pour vérifier que c'était bien la même personne.
"Mademoiselle Eliora Gramand ?"
Elle fut surprise par le ton et la question. La voix douce et
calme, le ton posé, interrogatif, et surtout cette formule de politesse
qui contrastait avec l'endroit.
"- Oui ?
- Ah, je vous trouve enfin. Si vous voulez bien me suivre, je vous ramène chez vous.
- et vous êtes...?
- Oh pardon, mille excuses."
Il exécuta une petite révérence :
"- Aspirant Wolf Storm de la Takagi Corp, pour vous servir. Je suis venu vous chercher à la demande de votre père.
- Mais comment vous avez fait pour me trouver ?
- On m'a donné les coordonnées de ce secteur et je suis venu.
- Mais ils ne vont pas nous laissé partir !
- Dans l'état dans lequel ils se trouvent, je doute qu'ils aient le
choix. Maintenant, sans vouloir me montrer impoli, j'aimerais bien
quitter cet endroit. J'ai aménagé une petite cabine tout confort pour
passagers VIP à bord de mon vaisseau. Vous pourrez vous reposer, vous
délasser, vous laver et si vous le souhaitez, vous changer aussi. Quoi
que je ne sais pas si j'ai quelque chose qui convienne à votre taille
de guêpe et votre rang."
Elle se mit à rire, il était charmant, trop peut être, mais il
fallait avouer qu'au travers cet échange, il avait réussi à la
rassurer.
A bord du Thorax
Wolf de retour aux commandes, programma la route de retour. Son visage
s'était durcit. Il consulta rapidement la carte, pas de destruction de
vaisseaux récentes, il examina la liste des pilotes que ses scanners
détectaient dans le secteur. La guerre et surtout la perte de deux
croiseurs l'avaient rendu parano.
Eloria fit son apparition. Le visage de Wolf se détendit.
"- Je vous dérange ?
- Non, juste que je fais des vérifications avant le voyage. Je vérifie que je n'ai pas d'adversaire dans les parages."
Elle regarda l'espace à travers les écrans holographiques.
"- C'est vous qui avez fait ce carnage ?
- Oui.
- Vos ennemis doivent vous craindre alors ?
- Non, ils sont mieux équipés et mieux entraîné que moi, et de
beaucoup. J'ai déjà perdu une fois la vie contre eux. Donc si je peux
les éviter, je le fais. Et je ne voudrais pas qu'il vous arrive quelque
chose.
- C'est gentil.
- Non c'est vrai. Vous êtes trop jeune pour mourrir, ou être exploitée
comme ils avaient l'intention de le faire, et j'ajouterais que je tiens
à ma prime.
- Vous êtes un chasseur de prime ?
- Non, je travaille pour la FIO entre autres. Je suis un "mercenaire"
bien que ce terme soit un peu disgracieux à mon oreille, puisque je
fais parti d'une corporation para militaire qui travaille conjointement
avec la FIO."
Il se mit à sourire :
"- Vous ne voulez pas parler d'autres choses que de guerre. Parlez
moi donc de vos amis, vos réceptions etc etc. Bref, vous faites quoi de
votre temps libre ?"
Les réacteurs de Warp se mirent en marche, et le Thorax prit de la
vitesse avant de disparaître, ne laissant derrière lui qu'un champ de
ruine.
Station de la FIO, sur Oursulaert
Le conseiller fut soulagé de la voir arrivé et en bonne santé. Un peu
en retrait, Wolf observait les retrouvailles, un sentiment de fierté,
et content de lui. Au moins, il s'était battu pour une noble cause,
peut importe si le politicien était verreux ou pas, après tout c'était
presque un pléonasme, mais cela ne justifiait pas que sa fille en
patisse. Il avait une aversion pour l'esclavage sous toutes ses formes.
Le conseiller le remercia. Eloria se tourna vers lui, et lui déposa un
baiser au coin des lèvres, lui soufflant à l'oreille. "Voici mes codes
pour ma ligne directe". Le jeune pilote ne put s'empêcher de soulever
son sourcil gauche, surpris.
Il la regarda sortir du dock... Ah les femmes !! Il était temps d'aller
toucher sa prime, les sourires et galnet de cette jeune fille
n'allaient pas lui payer son Myrmidon.
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