Tira Necis - 2 - Souvenirs d'enfance

Umbriel - 11/01/2008 à 13:49

- N'insiste pas, c'est non. Tu sais bien que tu ne peux pas m'accompagner.

Le ton de Bagelius était sec et cassant, pour bien faire comprendre à son petit fils, qu'il ne servait à rien de discuter. Pourtant, il insistait.

- Pffff, j'en ai assez de toujours rester cloîtrer ici, je peux venir avec toi au village.
- Tu sais bien que c'est trop dangereux pour toi. Les villageois ne t'accepteraient pas.
- Mais j'ai jamais rien fait de mal !!
- Bien, il est l'heure pour toi d'apprendre une nouvelle leçon. Regarde cette plante, peux tu me dire ce que c'est ?


Bagelius lui indiqua une plante blanche, épineuse et à l'aspect peu avenant posée sur son établi.

- Non, je ne sais pas ce que c'est...
- Alors, essaie de me dire ce qu'elle peut bien pouvoir faire.
- Bah, elle est moche, elle doit pas avoir grande utilité !!
- Erreur Umbriel, c'est un chardon, ses vertus sont reconnues contre les rhumatismes et quelques autres troubles.
- Donc c'est une plante bien ?

Bagelius ne put s'empêcher de sourire.

- Oui, c'est une plante utile malgré son apparence déplaisante. L'oeil ne voit que la surface des choses, il ne peut suffire à analyser une plante, un animal et encore moins une personne. Mais peu de personnes prennent le temps de regarder au fond des choses, de regarder avec le coeur et leur âme. Par conséquent, qui te verrais toi Umbriel, n'y verrais qu'un elfe noir, une créature maléfique, et même si tu n'as que six ans, tu constitues à leurs yeux une menace.
- Je suis pas quelqu'un de méchant pourtant !
- Oui, mais ils ne prendront pas le temps d'analyser les choses de te connaître, et ils ne verront en toi qu'un ennemi potentiel. C'est pour celle raison que tu dois rester ici.
- Bah je pourrais leur expliquer que je suis gentil.
- Cela ne marchera pas. Si tu croises un loup noir, vas tu le croire si il te dit qu'il est gentil ?
- Bien sur que non ! Tu m'as dis que les loups noirs étaient mauvais, aussi rusé que des renards et fourbes.


Umbriel avait répondu spontanément. Puis il fit une moue, il comprenait la leçon de son grand père. Il haussa les épaules, et alla s'asseoir sur un tabouret près de la cheminée. Bagelius vint lui déposer un baiser sur le front avant de partir.

Je ne serais pas parti longtemps.

Bagelius rassembla les potions, les herbes et autres choses qu'il allait vendre au village puis quitta la maison.

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Il avait désobéi, sans vraiment savoir pourquoi. Du haut de ses 6 ans, il avait décidé d'aller au village avec ou sans l'accord de son grand père. Il avait pour ça une parade : se déguiser. En effet, si les gens avaient peur des elfes noirs, alors autant devenir autre chose.

Il était sorti de la maison, c'était dirigé vers sa cabane. De là, il avait sorti un petit attirail qu'il avait soigneusement préparé : du maquillage fait à base de plante. Des leçons de son grand père, il avait retenu les plantes dont les saltimbanques se servaient pour se grimer, il avait écouter avec la plus grande attention comment les découper, comment les préparer. Il l'avait fait par jeu, mais il se disait que c'était l'occasion d'essayer son déguisement.

Ainsi, en milieu d'après midi, ce n'était plus un jeune elfe noir qui se dirigeait vers le village, mais un elfe sylvestre. Non seulement pour Umbriel le maquillage était parfait, un enfant de six ans n'ayant pas les repères d'un adulte. Mais n'importe quel homme serait tombé dans le panneau aussi, il y avait dans le sang du jeune garçon des racines et des liens qui lui donnaient une certaine facilité dans l'art du trompe-œil.

Lorsqu'il arriva au village, ce ne fut qu'émerveillement pour lui, que nouveauté. Il regardait les étals du marché avec des yeux innocents, emplissant ses narines avec les odeurs des bêtes, des humains, il regardait les villageois se hâter, marchander, crier… Il poussa même le plaisir jusqu'à aller voir son grand père, ce dernier ne le reconnu pas.

Il passa une merveilleuse après midi, pleine de découverte. Il quitta le village un peu avant son grand père, courant à perdre haleine à travers la forêt qu'il connaissait par cœur. Il prit soin de faire disparaître tout trace de maquillage de son visage. Il cacha les vêtements qu'il avait utilisé, et attendit patiemment le retour de son grand père.

< A suivre >

Tags : Umbriel heroic fantasy
Catégories : Texte Heroic Fantasy

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