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Une vision du paradis.
C'est à peine l'aurore lorsqu'Umbriel quitte sa chambre. Il se dirige
d'un pas décidé vers la sortie de l'école. Il rabat le capuchon de sa
cape en passant les portes. Il n'a pas la notion du temps, il n'a pas
la notion des dates, sauf celle-ci, il sait toujours quand elle a lieu.
Il se dirige vers le village, son visage est fermé, rien à voir avec
son expression habituelle, rien à voir avec le visage souriant que les
autres élèves ou professeurs commencent à connaître. Il se dégage de
lui quelque chose de dérangeant, de sombre. Toujours de ce pas décidé,
il se dirige vers le petit temple du village. Il en franchit la porte,
puis arrivé devant l'autel, il s'agenouille.
De la fenêtre de la chambre, Pegehel a regardé partir son maître, les oreilles basses, il sait, il se souvient lui aussi.
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Umbriel court à perdre haleine dans les bois. Il est épuisé mais il
entend les cris des kobolds qui le poursuivent, il sait que si ils le
rattrapent, il n'aura aucune chance. Jobs n'est pas là pour l'aider,
Pegehel non plus.
Cela fait presque un mois qu'il s'est enfui de chez son grand père. Des
hommes étaient venus questionner sur grand père sur un jeune "elfe
noir". Il allait lui apporter des ennuis, il fallait qu'il fuit,
c'était le seul moyen pour protéger son grand père. Il avait évité les
villages, mais manque de chance, il était tombé sur un groupe de
kobold. Ces derniers avaient eu peur en voyant l'elfe noir, craintifs,
mais voyant qu'il cherchait à les éviter, ils avaient senti qu'ils
pourraient le capturer, et le faire souffrir comme ceux de sa race
pouvaient le faire avec les leurs.
Le jeune elfe noir n'arrivait pas à distancer les hommes chiens,
rien à faire. Les branches des sous-bois lui griffaient le visage,
accrochaient ses vêtements. Il continuait d'avancer avec l'énergie du
désespoir, la peur au ventre. Une forme gigantesque apparu devant lui,
d'instinct Umbriel fit un bond de côté, son pied heurta une souche, il
perdit l'équilibre et finit sa course contre un arbre, la tête la
première. Puis, ce fut le noir…
Lorsqu'il ouvrit les yeux, la première chose qui lui traversa
l'esprit c'est qu'il était arrivé au paradis. En effet, en ouvrant les
yeux son regard s'était posé sur un ange qui avait les traits d'une
jeune humaine aux cheveux longs et blonds et aux yeux verts.
Je suis mort ? Je suis au paradis ?
La jeune fille se mit à rire. Non pas encore. Il faudra attendre encore un peu pour ça. Tu es encore bien jeune, tu as le temps. Umbriel voulu se lever. Elle l'arrêta.
Chuut. Tout doux, tu es encore bien
faible. Tu vas avoir une sacrée bosse à la tête. Quelle idée aussi de
se jeter contre un arbre comme ça, surtout quand on est poursuivi,
c'est un coup à se faire tuer. .
Umbriel allait répondre lorsque la porte de la pièce dans laquelle il
se trouvait s'ouvrit. Un taur avec une hache imposante entra, l'elfe
noir reconnut l'ombre qui lui avait fait peur dans la forêt. Il eut un
mouvement de recul. La jeune fille lui pris la main pour le rassurer.
Tout doux, c'est Gaum, c'est mon ami.
C'est lui qui t'a trouvé dans les bois. Ne crains rien, je le connais
depuis des années, il m'a élevée.
Umbriel restait sans voix. Il regarda le taur poser sa hache contre le
mur et s'incliner devant lui sans un mot. Il lui rendit son salut.
Moi, c'est Umbriel. Mais je ne peux rester ici, je dois partir. Je n'attire que les ennuis.
Il tenta à nouveau de se lever, et elle lui posa la main sur la poitrine
Tu ne risques vraiment rien ici. Si
Gaum t'a amené ici, c'est qu'il juge que tu n'es pas dangereux. C'est
quelqu'un de très bien. Rendors toi maintenant, tu es encore un peu
faible. Tu es en sécurité, tu peux dormir tranquille.
Gaum sorti de la pièce, suivi de près par la jeune fille qui s'arrêta sur le pas de la porte avant de lui lancer un : Ah, au fait, je m'appelle Eleoryn.
Umbriel, de son lit, examina la pièce était une petite chambre avec une
fenêtre et une porte. A part le lit, il y a avait un petit bureau, une
chaise et un tabouret. De son lit, il pouvait apercevoir la cime
d'arbre par la fenêtre, peut être que la maison ou cabane dans laquelle
il se trouvait était en pleine forêt. Le ciel était couleur rouge, sans
doute le soir ou le matin, peut importe, il se sentait si fatigué… Il
se rendormit.
Lorsqu'il s'éveilla, le soleil était haut dans le ciel. Il se leva,
s'habilla rapidement et sorti de la chambre. Il entra dans la pièce
principale de la maison, elle était assez grande. Il y vit une
cheminée, une grande table, des chaises, des rangements. Il sortit du
bâtiment, c'était bel et bien une maison, pas très grande. Elle se
trouvait en bordure de forêt. Elle semblait se trouver sur une colline
ou un plateau, car une dizaine de mètre devant la maison, le terrain
descendait en pente douce. Il pouvait voir une rivière couler en
contrebas ainsi que des champs et encore de la forêt. Il essaya de se
remémorer les cartes de son grand père pour essayer de se situer, mais
sans succès. Elles étaient imprécises, tout comme sa mémoire.
La voix d'Eleoryn l'interpela. Tient, notre dormeur c'est réveillé, je suis contente de te voir sur pied.
Il se retourna pour la voir arriver, les mains pleines de bougies et de
potion. Elle déposa un baiser sur sa joue. Il fut surpris de
l'attention.
-J'ai discuté avec Gaum, tu peux rester
ici si tu veux, par contre, il faudra que tu gagnes ton pain quotidien,
tu nous aideras à faire des potions et des bougies. Je vais les vendre
aux villages environnants.
- Je ne sais pas si je vais rester longtemps, je ne voudrais pas vous causer de problèmes.
- Je propose, tu disposes. Ca me ferait plaisir que tu restes un
peu. Au moins le temps que ta blessure à la tête aille mieux. Par
contre… Elle huma l'air Tu sens le bouc !! Tu devrais aller prendre un bain.
Umbriel se figea, essayant de humer l'air, essayer de sentir son odeur
discrètement, ce qui provoqua l'hilarité de la jeune fille. Si je te dis que tu pues, tu peux me croire !! Pas autant que Gaum, mais c'est pas beaucoup mieux ! La voix du taur se fit entendre, sans doute désapprouvait-il la pique d'Eleoryn.
Elle rentra dans la maison et en ressortit quelques instants plus tard,
des serviettes et du savon avait remplacé les potions et bougies. Elle
prit Umbriel par la main et l'entraîna vers la rivière en courant et
riant. Allez, vient, suis moi et plus vite que ça !!
L'elfe noir se sentait grisé par sa bonne humeur, par sa joie de vivre.
Une fois à la rivière, elle se déshabilla et plongea dans l'onde, tout
ça sous les yeux d'un Umbriel un peu dépassé par les événements.
Allez, ne fait pas ton timide, si tu veux, je me tourne je ne regarde pas !! Pendant qu'il ôtait ses vêtements, elle lui lança : Enfin bon, je t'ai déjà vu nu ! D'après toi, qui t'a déshabiller avant de te mettre sous les draps !! L'elfe noir piqua un fard. Il plongea dans l'eau. Ils se lavèrent chacun de leur côté.
Alors qu'il terminait sa toilette, Umbriel reçu de l'eau dans le
dos. Il se retourna, mais Eleoryn était en train de finir de rincer
chez cheveux. Il devait avoir rêver. Il reçut de l'eau à nouveau. Il se
retourna, mais la jeune femme ne semblait pas avoir bougé, mais elle
laissa échappé un petit rire qui la rendait coupable. L'elfe noir lui
rendit la pareil, et le jeu dégénéra en bataille d'eau… Ils finirent
assis dans l'eau, complètement épuisé d'avoir tant ri, complètement
ivre de joie. Eleoryn sorti de l'eau, s'essuya et s'habilla, pendant
qu'Umbriel alla nager un peu. Avec un petit air de défi, elle s'assit
sur la rive et attendit qu'il sorte de l'eau. Il comprit qu'elle ne
bougerait pas. Il soupira, lui fit un grand sourire et sorti de l'eau.
Elle le regarda s'essuyer et s'habiller puis ils remontèrent en riant
vers la maison.
Le soir commençait à tomber, Umbriel les aida à préparer le repas, et
mit la table. Eleoryn commença à lui apprendre le langage de Gaum, des
mots simples, des bases pour qu'ils puissent se comprendre même si elle
n'était pas là. Le Taur laissa échapper un bâillement. Il a raison, il est tard, nous devrions aller coucher. Gaum se leva, salua les deux adolescents puis sorti de la maison. Il dort un peu à l'écart, il l'habitude de monter la garde. Et puis, il ronfle comme un sonneur, c'est aussi bien !
Elle l'entraîna dans la chambre. Il la regarda, médusé, lorsqu'elle se glissa nue sous les draps.
- Et moi ? Je dors où ?
-Bah avec moi andouille, je n'ai qu'un lit!
-Mais je…
-Tu vas pas recommencé à faire ton timide ? Allez vient là. Par terre,
tu auras mal au dos, et puis au moins, à deux, on aura bien chaud !
Umbriel obtempéra. Il fut troublé lorsqu'elle vint se blottir contre
lui. Elle poussa un soupir et s'endormi. Il ne tarda pas à en faire
autant, son corps était épuisé par les jeux dans la rivière.
Le lendemain matin, il les aida à faire des bougies et leur montra même
quelques recettes de potion. Puis Gaum désigna un bâton à Umbriel et
ils commencèrent à s'entraîner sous l'œil amusé d'Eleoryn. Ils
mangèrent avant d'aller de nouveau à la rivière. Les jeux se firent un
peu plus appuyé, les deux jeunes gens se cherchaient. C'est le soir
qu'ils se trouvèrent enfin. La nuit fut longue et douce. Gaum fut amusé
de les voir le lendemain matin, l'un contre l'autre. D'habitude, il
n'aimait pas les étrangers, mais l'elfe noir lui plaisait, il avait un
bon fond.
Ainsi se déroulait les journées. Le matin : corvée, potions, bougies,
puis à midi repas et après midi : entraînement au bâton ou à l'épée de
bois, puis quartier libre. Ils allaient se balader dans les bois,
n'hésitant pas à faire des siestes dans les clairières. Sans qu'ils ne
le sachent, Gaum les suivaient, non pas pour les épier, mais pour les
protéger. Il tenait à la jeune fille comme à la prunelle de ses yeux.
Le soir repas, et nuit câline.
Si s'endormait parfois à la belle étoile, l'un contre l'autre. Umbriel se dit un jour en la regardant dormir : Si ce n'est pas le paradis, ça y ressemble.
Combien de temps s'écoula ainsi ? Il ne saurait le dire. Rien ne
semblait venir pouvoir perturber ces moments de bonheur. Bien sur, il y
avait quelques disputes, quelques mots, mais ils tournaient vite
courts, sous l'œil attendrit de Gaum.
Ce matin là, Umbriel était parti dans les bois, à la recherche de
plante pour faire des potions bien particulières. Il savait que ces
plantes étaient rares mais il ne désespérait pas d'en trouver, sans
succès. Il rentra donc bredouille. Un peu avant d'arriver à la maison,
il sentit une odeur de brûlé, une odeur de bois très forte. Il sourit :
Ah Gaum a gagné, Eleoryn brûle enfin le bois sec pour faire de la place.
Mais lorsqu'il sorti des bois, son cœur s'arrêta de battre. C'était la
maison qui était en train de brûler. Il lâcha le sac qui contenait les
plantes et couru vers le bâtiment en flamme. Il remarqua du sang un peu
partout et surtout, le pauvre Gaum le ventre ouvert. Il était en train
d'agoniser. Il s'approcha de lui, le Taur le reconnu. Il lui tenta de
lui parler avec le souffle de vie qu'il restait.
-Ecarlate… Gardes écarlates… Eleoryn, emmenée… Sorcière égale mort !!
- Je vais te soigner tu vas t'en sortir !
- Non, trop tard pour moi… Va la sauver !
Umbriel était complètement paniqué, le taur baignait dans son sang
et ses tripes, il ne savait pas quoi faire. L'homme taureau lui saisit
le bras.
–Fin à ma vie.
- Non, je ne peux pas faire ça.
- Trop mal… S'il te plait… Souffrance… Perce… cœur
- Non, hors de question, je me battrais.
- Fais pour elle…
Umbriel plongea son regard dans celui de Gaum et comprit sa
souffrance, sa douleur, comprit qu'il n'y avait rien à faire pour lui.
Il saisit alors un poignard. La main du Taur se referma sur la sienne,
dirigeant le poignard sur son cœur : Frappe ici… Frappe fort… Les yeux embués de larme, il s'exécuta. Il prit le temps de mettre son ami en terre, à l'abri des bêtes sauvages.
Il parti dans les bois chercher des plantes afin de faire de quoi se
grimer. Puis c'est sous les traits d'un elfe sylvestre qu'il parti à la
recherche d'Eleoryn. Il enquêta auprès des villageois à propos des
gardes écarlates. Il apprit que c'était un corps d'un des temples,
chargé de la répression des actes de sorcellerie. Il était mené par un
certain Faron, grand inquisiteur de l'ordre de la justice.
Ainsi il suivit la piste des soldats du temple à travers le royaume
jusqu'à leur bastion : un village fortifié. Il s'arrêta à l'auberge.
Elle était bondé, il eut la dernière chambre. Il apprit que le
lendemain allait être consacré à une grande fête : le bal des sorciers.
L'aubergiste lui expliqua que sous ce nom anodin se cachait en fait, la
purification par le feu des sorciers et sorcières. La garde sillonnait
le pays pendant deux mois et revenait ici pour purifier les âmes
damnés. Umbriel sentit une boule se former dans son estomac : Il en font que les brûler ? L'aubergiste s'esclaffa.
- Bien sur que non ! Il les rase, leur
ouvre le crâne, leur remplisse les orifices de poix brûlante ou tout
autre chose, il leur plonge les mains dans l'eau ou l'huile bouillante,
jusqu'à ce que le supplicié avoue ses actes. Parfois ils leurs coupent
la langue pour éviter leurs incantations… Enfin ce ne sont que des
rumeurs. Il éclata encore plus de rire devant la mine écœurée de l'elfe. Ah vous les elfes, vous êtes vraiment des petites natures. Attendez demain, vous verrez bien. .
Un peu plus tard, après avoir mangé, Umbriel sorti, il se dirigea vers
la garnison de la garde écarlate. Il en fit plusieurs fois le tour, et
conclut que seul, il ne pourrait rien faire, il fallait attendre le
lendemain, attendre le jour de la purification pour tenter quelque
chose.
Il eut beaucoup de mal à trouver le sommeil cette nuit là,
repensant à ce qu'avait dit l'aubergiste. Il se disait qu'il avait
voulu l'effrayer, qu'aucun homme saint ne pouvait se livrer à tels
actes.
Le lendemain, il était au milieu de la foule, près du bûcher. Elle
était extatique, on riait, plaisantait, comme si ce qui allait suivre
était normal. Il vit les prisonniers arrivés, il la chercha du regard.
Il poussa un soupir de soulagement en ne la voyant pas. C'est
lorsqu'ils mirent les prisonniers en place sur le bûcher qu'il la
reconnut ou plutôt qu'il cru la reconnaître. Le crane rasé, les
sourcils brûlé, la main droite enveloppée d'un morceau de tissu, son
visage était couvert d'ecchymoses et son regard… Si vide… Lui qui avait
était plein de vie. Elle n'avait rien fait, pourquoi tant de haine à
son égard.
L'inquisiteur arriva sous les ovations de la foule: justice allait être
rendu ! Il commença à lire, mais Umbriel n'écoutait plus, il regardait
le visage d'Eleoryn. Une larme coula sur son visage, puis il hurla : NOOONN !!! La foule se tut, tous les regards se tournèrent vers lui. L'inquisiteur eut l'air amusé. Qui es tu donc jeune homme ? Jeune elfe même je devrais dire. Tu connais une de ces personnes. Umbriel ne lui répondit pas directement, il la regardait :
- Elle n'avait rien de mauvais, elle était douce gentille, ne vivait que dans la simplicité.
- Tu connaissais donc cette jeune fille ?
- C'était mon ami, ma douce, un ange, un diamant pur, une âme innocente.
- Elle était le démon, vivait dans le pêché, s'accouplait avec un homme bête…
- Non !!! C'était moi son amant, pas Gaum ! C'était juste un ami !
Le sourire sur le visage de l'inquisiteur se fit triomphant.
Alors tu es aussi coupable qu'elle,
sorcier !!! Vous faisiez des rites tous les trois, vous viviez dans la
débauche, tu viens te livrer à nous… Avoue Démon !! Ahahaha
Umbriel n'écoutait plus, il regardait le visage de Faron souriant. Il
sentait la boule monter en lui, la haine à l'état pur, mais il ne la
refréna pas, il était ivre de vengeance. Ils paieraient tous, tous pour
ce qu'ils avaient fait.
Esprit de haine qui sommeil en moi
Donne moi ta force, donne moi ta puissance
J'ai besoin de toi pour assouvir ma vengeance
Faisons les passer de vie à trépas
Il crut entendre un petit rire en lui. Il sentit son corps s'emplir
d'une énergie nouvelle, d'une grande force. Un rictus apparut sur son
visage, ses yeux devinrent rouges.
Sa voix avait changé, plus forte, plus grave, caverneuse même :
Démon tu disais ? Tu ne sais même pas à quel point tu as vu juste !! Je
vais te faire payé pour toutes les âmes que tu as prises, toutes celles
qui ne méritaient pas ses horreurs !
Ce fut un carnage, une boucherie sans nom. Umbriel était comme
prisonnier de son propre corps, assistant impuissant à ce qu'il
faisait. Il n'y pas un seul survivant, il les traqua les uns après les
autres. Laissant juste Faron sur le sol les jambes brisés pour éviter
qu'il ne s'enfuit. Il toucha la tête d'Eleoryn et pénétra dans son
esprit. Il vit l'horreur de ce qu'ils lui avaient infligés, mais pire
que tout, elle l'avait appelé à mainte reprise à son secours, persuadé
qu'il viendrait la secourir. Il versa une nouvelle larme, de sang cette
fois. Il fit de même avec chaque prisonnier, chaque condamné, puis se
tourna vers Faron qui tentait pitoyablement de fuir. Il avait perdu de
sa superbe, sachant sa mort proche.
Ressens leurs souffrance !! Regarde si ils sont coupables !! Il appliqua ses mains sur ses tempes et lui transmit tout ce qu'il venait de ressentir… Faron hurla, et hurla encore… Tue moi, je ne veux plus voir ça ! Umbriel lui sourit Ne t'inquiète pas, tu vas mourir, mais ça sera long, très long… Tu me supplieras encore !
Effectivement, il fallut plusieurs heures à l'inquisiteur pour mourir.
Umbriel n'épargna qu'une vie, celle d'Eleoryn. Les autres étaient déjà
mort d'une certaines manière. Puis, il mit le feu à la ville avant de
la quitter, ne laissant derrière lui que les flammes de la vengeance.
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Pegehel se déplaçait vite. Voilà des mois qu'il n'avait pas de
nouvelles de son maître. Cela ne l'avait pas inquiéter outre mesure
jusqu'au moment où le démon s'était réveillé, jusqu'au moment où il
avait ressenti la haine envahir Umbriel. Il s'était alors mis à sa
recherche. Il le retrouva devant une petite maison, en bordure d'une
forêt. Il était en train de préparer des plantes.
Ah bah je te retrouve enfin !! Pfff, t'étais passé où ? Un moment que je te cherche !
Umbriel se retourna, un sourire triste sur le visage.
-Salut boule de poil ! Ca faisait longtemps !
-Qu'est ce que tu fais ici ?
-Je m'occupe d'une amie. Je prends soin d'elle, je l'aide à faire ses tâches ménagères.
-Ah ah petit coquin !! tu m'avais caché ça ! Et elle est où cette demoiselle qui me prive de mon maître ?
- Viens !
Les oreilles du lapin s'agitèrent, visiblement il était content. Il
suivit Umbriel dans la maison. Ses oreilles s'arrêtèrent de bouger
lorsqu'il vit la chose qui avait du être une jeune fille plus tôt, sans
doute très belle. Les cheveux avaient commencé à repousser, mais le
visage était inexpressif.
Pegehel, je te présente Eleoryn, ma douce, je te présente, Pegehel, mon petit démon.
Le lapin resta interdit
- Heu bibi, elle est morte !
- Bien sur que non, tu vois bien qu'elle respire !
- Non, elle est morte. Son âme est morte
- Je trouverais un moyen de la soigner.
- Tu ne pourras pas !!
- Tu n'en sais rien, tu n'es qu'un STUPIDE LAPIN
L'elfe noir sorti de la maison, en pleurant. Pegehel monta sur le lit,
à côté de la jeune fille. Il essaya de sonder l'âme, rien à faire. Il
murmura en lui caressant la joue avec son oreille droite :
Pauvre enfant innocente. La folie des hommes n'aura donc jamais de
limite ! L'imagination de l'homme n'a jamais de limite lorsqu'il s'agit
de détruire son prochain. Je vais voir avec lui pour qu'il mette fin à
ton calvaire.
Le lapin sorti, il trouva son maître, un peu plus loin, en train de pleurer.
- Umbriel, son âme est brûlée, tu ne pourras rien faire pour elle.
- Elle ne méritait pas ça, c'est injuste.
- C'est ainsi, tu ne peux rien y faire. Tu pourrais la tuer, ramener
son corps à la vie si tu le voulais, mais son esprit est vide, il faut
la laisser partir.
- Non, je ne veux pas.
- Ne soit pas égoïste, pense à elle. Si tu ne le fais pas pour toi, fais le pour elle.
- J'ai déjà du tuer son ami, pour abréger ses souffrances, je ne veux pas faire de même avec elle.
- Tu le dois. Parce que j'ai beau être un stupide lapin, je suis
suffisamment vieux pour savoir qu'on ne guérit pas de ce genre de
blessure. Même le temps ne peut rien. Je peux t'aider si tu veux, je
peux t'aider à le faire. Puis, nous retournerons chez Bagélius. Il
t'attend et est inquiet pour toi.
Pegehel sentait la peine de son maître, il pouvait sentir le chagrin qui l'habitait, et l'espoir vain qui s'accrochait en lui.
- Je ferais ça demain, laisse moi d'ici là.
- Bien maître. Le lapin s'inclina et tourna les talons.
Umbriel passa la nuit à veiller près d'Eleoryn. Il savait au fond de
lui que Pegehel avait raison. Cela faisait un mois qu'il était revenu
ici, et il n'y avait aucune amélioration. Le lendemain matin, il partit
chercher des plantes et concocta un poison puissant mais doux. Elle
s'allait simplement s'endormir pour ne jamais se réveiller.
Il entra dans la maison, la fiole à la maison… Il ne put contenir
ses larmes. Il lui prit les mains, regarda son visage, cherchant une
quelconque amélioration dans ses yeux, en vain.
Je suis désolé ma douce, je ne voulais
pas que tout ça se termine ainsi. Mais il a raison, je dois te libérer
de ton enveloppe, je dois mettre fin à ton tourment. Je te promet que
je garderais toujours une place pour toi dans mon cœur, à jamais. Je
brûlerais un cierge tout les ans ce même jour pour ne pas t'oublier.
Pardonne moi
Doucement, il lui fit boire le poison. Et il attendit. Elle ferma les
yeux. Il la blotti contre lui, attendant. Il entendait son cœur battre
faiblement, puis doucement, il se mit à ralentir et ralentir encore
avant de s'arrêter. Le visage d'Umbriel n'était plus que larme. Il la
serra contre lui un long moment, lui demandant mille fois pardon. Puis,
il l'enterra à côté de Gaum. Il fit une courte prière aux dieux pour
qu'ils prennent soins de ces amis, avant de mettre le feu à la maison
qu'il avait rebâti.
Il rejoignit Pegehel qui l'attendait un peu plus loin.
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Umbriel alluma le cierge. Il ferma les yeux, et murmura : Pour toi ma douce. Je ne t'oublierais jamais. Une larme coula sur son visage. Il resta là une heure, avant de repartir en direction de l'école.
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