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Tiens, je viens de voir que « le gouffre de l’absolution » de Alastair Reynolds doit paraître en poche ce mois-ci. Tome qui clôturera sa série sur les inhibiteurs. Donc en attendant sa sortie; prévue dans un peu près une semaine, c’est l’occasion de revenir sur cette série.

Tout commence en 2002 (2000 pour la vo) avec « l’espace de la révélation », en apparence il s’agit d’un livre de New Space Opera (NSO) tout ce qu’il y a de plus banal. En gros, trois fils s’entrecroisent, d’abord l’histoire d’une bande de pirate en goguette, avec une cargaison d’arme toutes plus dangereuse les unes que les autres. Ensuite une espèce d’archéologue qui étudie une civilisation disparut, et enfin une tueuse à gages’étant retrouvée séparée de son mari à la suite d’un voyage cryogénique hasardeux.
Autant le dire tout de suite, cela ne s’adresse pas directement aux néophyte de SF, mais les autres seront amplement satisfaits. Déjà il y a tous les éléments de la NSO, Hard-science, Cyberpunk,absence relative de manichéisme etc… Pour vous donner un exemple les récits sont raconter de manière parallèle, même chronologiquement, hors le vaisseau des pirates se déplaçant à une vitesse très rapide (nettement moins que la lumière rassurez-vous) le temps qui se passe pour une partie des personnages « resté à terre » est nettement plus long.
On trouve aussi des simulations neurales illégales car passant le test de Turing, une civilisation extra-terrestre disparut, mais recelant quelques mystères, et des personnages aux sombres passées, et un grand mystère : Pourquoi toutes les civilisations extra-terrestres ont-elles disparus ? Et accessoirement, parce que quand on se pose ce genre de question dans un roman de SF il faut s’y attendre, comment faire pour éviter de faire pareil qu’elle ?
Mais contrairement à ce que peux faire Banks par contre, on échappe à un certain enthousiasme pour « les armes secrètes », et une intrigue un peu rentre dedans, et sur 900 pages si on ne les voit pas trop passés, on aurait pu aimer un peu plus de complexité.

Heureusement, il sort peu après « la cité du gouffre » qui est situé dans le même univers mais lisible tout à fait indépendamment. La je vais préciser quelques petites choses sur l’univers, car autant « l’espace de la révélation » fait un peu road-movie, autant la cité du gouffre fait un peu home-movie. L’histoire se déroule vers quelque chose comme le 23 ou 24ème siècle. Ce qui s’est passé sur terre et dans le système solaire n’est pas très claire, mais probablement que la raréfaction des ressources naturelles, et quelques guerres à grandes échelles ont provoqué le déclin de ce coin de la voie lacté. Mais entre-temps des missions de colonisation vers d’autres systèmes solaires ont eu lieu, les voyages stellaires étant très lent- en temps objectif, mais même pour les passagers des cargos ils passent leur temps en cryogénie- les mondes vivent plus ou moins en autarcie. Seuls un groupe ou « ordre » les Ultras, des types un peu chtarbé et dont une bonne partie du corps est remplacé par du métal font du commerce entre les planètes. Il existe toutefois une sorte de centre de gravite de « Trantor » mais quand les choses commence une étrange peste à affecter tout ce qui est de nanotechnologie donnant à la planète un look gothique.
Et c’est sur planète que va arriver « Tanner Mirabel » (l’auteur est gallois, on n'y peut rien s’il appelle son personnage comme ça.) un garde du corps à qui on a tué son patron et qui à jurer de se venger. Bien sûr les choses ne sont pas si simple. Comme je l’ai expliqué les voyages cryogénique sont très mauvais pour la mémoire et notre héros est un peu déboussolé. En plus de ça, on lui a implanté un virus religieux qui fait revivre le mythe du créateur de cette religion.
Au départ, j’ai eu un peu peur, on dirait du James Bond avec un ascenseur spatial qui tombe en chute libre et le héros qui se sort in-extrémis de la situation. Mais finalement, une fois que le héros se retrouve paumé, et avec un lack of memory, les choses se calme un peu, l’ambiance est gothique et c’est ultra-cool. Et surtout, une chose que j’adore, c’est le « Sense of Wonder ». Certes c’est classique du Space-Opera, mais dans un univers plutôt réaliste sur le plan physique c’est franchement marrant.
Reynolds, pendant ce temps écrit quelques nouvelles, toujours dans cet univers, dont deux constitueront « Diamonds Dogs & Turquoise Sky »

On retrouve tous les éléments Reynolsien (quoique certains trouvent Turquoise Sky lent à démarrer, mais ce n’est pas personnellement pour me déplaire.)
"Diamonds Dogs" (titre emprunté à Bowie), raconte l’histoire d’une pyramide extra-terrestre trouvé sur une planète isolé. La pyramide, est hélas piégé, et la seul la science des mathématiques permettra de traverser les pièces ! Oui, on dirait que c’est pompé sur « Cube », mais ce n’est pas tant les pièges mortels qui sont amusant, quoiqu’un peu quand même, que l’étrange fascination qu’éprouve deux des membres de l’expédition pour arriver jusqu’au bout.
"Turquoise Days", La deuxième nouvelle (titre emprunté à Echo & the bunnymen), met en scène un « peuple » extra-terrestre dont il a été vaguement question dans les autres romans. Enfin, il s’agit pas vraiment d'u n peuple mais d’une sorte d'océan vivant, qui lorsque les gens entre dedans imprime dans son cerveau des bizaretés neurales et des souvenirs. Oui, on dirait que c’est pompé sur « Solaris » mais ce n’est pas tant l’étrange fascination qu’exerce l’océan qui est amusant, que l’histoire en elle-même avec tout plein de rebondissement.
Deux nouvelles que j’ai beaucoup aimé, et qui font encore plus aimer les titres de Bowie et Echo.

Enfin, avant de clôturer sa série avec « le gouffre de l’absolution » un troisième volume sort« l’arche de la rédemption » encore plus long, (1300 pages), mais loin d’être aussi bon. Si ce n’était pas Reynolds je dirais que c’est de la SF age d’or comme on veut plus en voir, et de dire à l’auteur que tonton Asimov et tata Clark, c’était bien y a 50 ans, maintenant on veut des personnages avec une psychologie, ce genre de chose !
L’histoire peut, peut-être, être lu indépendamment des autres volumes, mais c’est surtout la suite de « l’espace de la révélation », les liens avec « la cité du gouffre » sont surtout anecdotiques.
Donc une bande de télépathe (beurk), qui le sont pour une raison vaguement justifié, cherche à mettre la main sur les armes « secrètes » du premier roman. Oui c’était un des mauvais points du premier roman, mais ça n’a pas l’air de l’ennuyer. Les télépathes en tout ont différentes idées, sur la façon de procédé et c’est une course à qui les aura les premiers qui s’engage.
Les personnages, sont relativement manichéens, l’histoire tient sur un kleenex (enfin 1300 kleenex, mais c’est pareil). Les épisodes relatifs au passé qui d’habitude font la saveur de ses romans sont ici moyens et prévisibles, c’est horrible. D’un autre coté j’ai bien lu les préquelles de Fondation, donc je peux lire n’importe quoi, mais c’est surtout un foutage de gueules. Dire que Reynolds est un ancien de l’ESA (Agence Spacial Européenne) et qu’il nous sort des tachyons pour aller plus vite que la lumière, c’est honteux si vous voulez mon avis. Alors d’accord Benford l’a utilisé il y a 25 ans dans « un paysage du temps » mais depuis les propriétés, et l’existence même des Tachions ont été sévèrement remis en doute, quant à leur utilisation, pff…
Cependant, ce que j’ai entendu dire sur Le gouffre de l’absolution est nettement plus encouragent que ce faux-pas de troisième volet pouvait laisser paraître. Alors haut les cœurs et be ready ! Et si vous n’en avez pas encore lu, essayer donc « la cité du gouffre ».
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