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Comme je le disais donc hier, je lisais le dernier Ballard, et comme ça fait deux trois fois qu’il se glisse dans mes billets (quel malappris !) autant en finir pronto en vous parlant de son dernier livre.

Donc, « Que notre règne arrive » fait suite à « Millenium People » qui faisait lui-même suite à « Super-Cannes » alors il ne s’agit pas vraiment de suite, mais tous ces livres ont un peu la même ambition, décrire notre société et ce qui va pas dedans. Ainsi Super-Cannes parlait d’une Silicon Valley européenne avec des types sous pression qui se libérait dans la violence, Millenium People parlait de la Classe Moyenne présuré par les taxes, et la monotonie de leur vie qui se mettait à faire une mini-révolution. Que notre règne arrive, reprend un peu ce dernier point. Il faut dire que pour ceux qui l’ont lu, c’était plutôt médiocre.
Ballard nous raconte l’histoire d’un publiciste dont son
père à été assassiné dans un centre commercial de banlieue londonienne. Là-bas,
il se rend vite compte que les choses ne sont pas normal, dès le premier
chapitre on a d’ailleurs droit à une explosion matinée de violence raciste. Car
la version selon laquelle,son père
aurait été assassiné par un lunatique est-elle vraiment vrai ? Et pourquoi
avait-il des pamphlets fascistes chez lui ?
Peu à peu, notre héros, va se rendre compte que tout est lié
au nouveau centre commercial, qui attire les uns, et repousse les autres et
remet les fondements de cette bonne vielle société en cause.
La thèse développée par Ballard donne en gros ceci : nos sociétésn’ont plus d'autre valeur que le consumérisme, et on s’emmerde tellement qu’on pratique le sport qui se transforme facilement en manifestation fasciste.
Alors forcément on est un peu d’accord, si on repense aux dernières élections présidentielles le programme/slogan principal de la plupart des candidats c’était « plus de pouvoir d’achat », le même que celui de Leclerc en fait. Quant au sport, quand on voit un sport dont tout le monde se foutait il y a quelques mois remplir brusquement les écrans de télévision on se demande si l’audimat n’a vraiment rien d’autre à faire. Quant à l’omniprésence du présentateur-vendeur d’une chaîne commercial…
Personnellement, j’aurais tendance à trouver que « Que notre règne arrive » est un peu un « Millenium People » réussi, mais forcément, ça laisse le goût d’un remake. Et puis il y a toujours cette sorte d’irréalité propre à Ballard, je citais hier :
« Quand le sport en arrive à jouer un rôle important dans la vie d'une population, vous pouvez être sûr qu'elle s'ennuie à en devenir idiote et qu'elle attend l'occasion de casser les meubles. »
Mais je pourrais aussi citer, le publicitaire donnant un conseil à un présentateur-vendeur
« N’oubliez pas que de nos jours, les émotions et la psychopathie sont les seules manières d’entrer en contact avec autrui. Il ne faudra pas longtemps pour aux gens pour apprécier la folie, la vraie, qu’ils la trouvent dans un produit ou un mouvement politique. »
Franchement, les êtres humains ne parlent pas comme ça, Quant
auxpublicistes, ilsne le diraientque rarementau milieu
d’une conversation. Mais ça n’empêche aussi de trouver un peu partout de
brillantes idées, pas toujours original mais qui forme un tout cohérent, les
parkings comme métaphore du labyrinthe de Minotaure, la ritualisation de l’acte
consommatoire, l’infantilisation d’une population, d’ailleurs sans vous
dévoiler la fin, c’est un peu un rêve de gosse qui se réalise.
Et contrairement à ces précédents livres, qui instaurait une ambiance propice à un déchaînement de violence, ici la violence est présente dés le début, la première phrase est même : « Les banlieues rêvent de violence. Bien qu’ici l’analogie avec la France soit fausse, non pas qu’elles ne soient pas violentes. Mais de l’impression que j’ai en eu dans le livre, les banlieues anglaises ressemblent à un genre de mixte entre les banlieues françaises et américaines. En tout cas elles rêvent de violence, et attendent un catalyseur, finalement, ce n’est pas si différent.
Enfin rendons hommage à un film qui a bien dû l'inspirer :
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