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Tarantino à l'épreuve du

Veterini - 08/10/2007 à 17:47

Tiens, il y a quelques temps je regardais le dernier film de Tarentino. Et puis d’un coup, hier, j’entends des pneus qui crissent dans la rue, et là je me dis « tiens, une voiture qui a évité le « crash », ah ah, comme le dernier film de Tarantino ».

"Mince", me dis-je, comment j’y ai pas pensé. Il faut dire, qu’à force de référence à des films de série B, et même de l’auto-citationavec un téléphone portable, on perd de vue la principale inspiration, Ballard.

**Atention Spoiler, même s’il est vrai que le scénario est plutôt mince**

 

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En deux mots, sur ce que j’ai pensé du film, la deuxième partie est plutôt marrante, mais est surtout une redite de la première partie avec en plus une jolie poursuite auto. Par contre la première partie m’a fasciné. Car loin d’être un banal film de course-poursuite, il s’agit ni plus ni moins, qu’un long préliminaire à un crash monstrueux.

 

Précisons, un peu ce que racontait Ballard dans les seventies. Ballard, dont précisons que sa femme est morte l’un accident de voiture, c’est un peu intéressé à ce phénomène. Dans « La foire aux atrocités », sorte de collection de « nouvelle » qui fait allégrement penser au "Festin nu" de William S. Burroughs (adapté aussi par Cronenberg) il est fait question des étranges pérégrinations de notre société dans un style littéraire assez expérimental. Et parmi ces dérives il est accordé une place de choix aux collisions de voiture, et plus généralement aux accidents de la route au sens large, tel que l’assassinat de Kennedy monté en boucle sur les chaînes de télé. S’il était écrit maintenant, je suppose que les attentats du 11 septembre y tiendrait une bonne place.

Quoiqu’il en soit, Ballard décrit la fascination de la population sur les crashs et développera plus particulièrement le sujet dans « Crash ».

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Dans ce livre, il est plus ou moins démontré, comment les voitures forme une sorte de fusion homme-machine primitive, le crash étant l’étape ultime de cette expérience. Si vous avez des doutes, pensez aux énormes bouchons qui se forment autour des lieus d’un accident, la morbidité pure n’étant pas forcément la seule explication. Personnellement j’avoue que si je ne suis pas totalement indifférent à la vision des tôles froissées, les cadavres à l’inverse ont tendance à me repousser. Donc dans le livre parle entre d’autre d’un genre de club vaguement secret, disons discret,qui s’éclatent à recréer des accidents de célébrité.

Si on en revient au film de Tarantino, la première moitié de la seconde partie est en bonne partie consacrée à la reconstitution de cascade célèbre,on remarque d’ailleurs que pour Tarentino ce n’est pas tant la personne célèbre qui compte mais plutôt sa voiture. Le but de leur aventure étant toutefois le même que celui du club de « crash », refaire des cascades/accidents célèbres.

La première partie du film, elle est nettement plus remarquable. Il s’agit d’un choix pour le moins osée, puisque tout est basé autour le point culminant du crash. Tarantino ne se cache d’ailleurs pas ce cette apologie meurtrio-sexuel avec un épilogue mettant en scènedeux flics discutant de l’étrange fétichisme du personnage de Kurt Russel. Il faut dire que tout dans le film évoque la perversion sexuelle, le générique qui est étrangement fixé sur un pied, et fini avec une fille qui se met la main sur le bas-ventre.

Ici on remarque la principale différence d’avec « Crash » de Cronenberg. Celui-ci reprend la thématique porno et intègre le crash et autres genres de relation Homme/machine pour le mettre dans une normalisation sexuelle. Tarantino, bien que dans cette première partie ne parle que de sexe, ne le montre pourtant jamais. La lap-dance, résumant assez ce fait, on en parle, on regarde (enfin on imagine plutôt), mais on touche pas. Finalement seul la collision finale et presque orgiaque, chaque fille ayant droit à son propre « crash », n’est là pour proposer un exutoire. L’interprétation probable est que le film étant centré sur le personnage de Russel, il s’agit de la seul forme de relation qu’il puisse concevoir.

Cela dit, le film de Tarantino en dehors de d’exposé la relation homme/machine de manière jubilatoire, comme il sait si bien le faire, reste dans le domaine de la série Z. Pour faire une comparaison osée,"Crash" par rapport "Boulevard de la mort" c’est un peu comme comparée "Fight Club" à "Rocky".

 

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Donc, pour les fans de Ballard, peut-être l’ignorez-vous, mais Vincenzo Natali (Cube, Cypher, Nothing) prépare une adaptation de I.G.H, cette histoire d’un immeuble ultra-moderne, où les habitants finissent par se cannibaliser. Groovy !

Tags : Tarentino
Catégories : accueil Film Livre

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